Sylvain Guérineau et Jean Rougier, le jeudi 12 février 2010.
Sylvain Guérineau : saxophone ténor solo (1ère partie) puis seconde partie en duo avec Jean Rougier à la contrebasse.
Sylvain Guérineau ou le grand méconnu du saxophone français? Pourtant, cet artiste complet (il est aussi peintre) sillonnait déjà les routes méandreuses du free jazz à la fin des années soixantes, aux côtés de François Tusques, J.F. Jenny-Clark ou Francis Marmande. Depuis, avec Sunny Murray, Henry Grimes, Bernard Lubat ou Joelle Léandre, il n’a cessé de promener ce son âpre, rugueux, dépouillé, ce phrasé douloureux, haché qui ont fait sa signature sonore.
Et aux côtés de ce grand discret, un musicien lui aussi peintre et tout aussi désespérément confidentiel, une découverte également essentielle, Jean Rougier, dont la contrebasse elliptique s’accorde de la plus belle des manières aux errances concentrées du saxophoniste.
Du free-jazz, bien sûr, mais qui pour une fois ne se déclinerait pas (ou pas que) en terme d’énergie, de déluge de notes brûlantes, mais plutôt en une subtile élaboration de structures déconstruites, toutes en profondeur et poésie.


